Les multimètres numériques ont-ils des étalons de tension intégrés ?
Non. Un multimètre numérique (DMM) mesure la tension — il ne la définit pas. La référence vit à l'extérieur.
Comment fonctionne réellement la précision d'un DMM
- Référence interne : Une référence bandgap ou zener enterré (ex: 1,2V, 5V, 7V) fournit une tension interne stable pour que l'ADC compare
- Étalonnage : En usine (et périodiquement après), le DMM est comparé à des étalons externes traçables laboratoires NIST/ISO 17025
- Constantes d'étalonnage stockées en mémoire non-volatile ajustent lectures pour matcher l'étalon
La chaîne de traçabilité
DMM → Étalonneur (Fluke 57xx, Keysight 3458A) → Laboratoire national (NIST, NPL, PTB) → Volt SI (jonction Josephson)
Ce que fait la référence interne
- Stabilité : ~1-5 ppm/°C, ~10-50 ppm/an dérive
- Faible bruit, faible FEM thermique
- PAS un étalon absolu — elle dérive. C'est pourquoi le ré-étalonnage existe.
Ce qu'il faut pour un étalon de tension
- Référence tension : LTZ1000, LM399, Fluke 732B — stabilité 1-10 ppm/an
- Étalonneur : Fluke 5522A, 5730A — source V, A, Ω, Hz précis
- Labo étalonnage : Accrédité ISO 17025, avec budgets incertitude
Implication pratique
La spec précision de votre DMM (ex: ±0,05% + 2 comptes) suppose étalonnage récent. Sans, la spec est sans signification. La référence interne n'est qu'un comparateur stable — pas une source de vérité.
