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Sigma 4,5 mm f/2,8 Fisheye circulaire : test et impressions

Mon ami Sybren A. Stüvel s'est offert le Sigma 4,5 mm f/2,8 EX DC HSM Circular Fisheye et a bien voulu partager ses impressions ! Vous pouvez voir plus de son travail ici, ou me demander l'histoire des miettes de pain sur son 10-22 mm pour attirer les oiseaux ! Merci Sybren pour ce test — Sime.

Sigma 4,5 mm f/2,8 Fisheye circulaire : test et impressions

Cet objectif est dingue. C'est le premier fisheye circulaire au monde pour capteurs APS-C, et mon premier fisheye. Regarder dans le viseur pour la première fois fut une sensation étrange : le champ est à la fois très restreint par la circularité de l'image, et très large grâce à ses 180° tout autour. Pour les non-initiés, « circulaire » signifie qu'il projette un cercle. Hors du cercle, tout est noir ; à l'intérieur, vous avez 180° de gauche à droite et de haut en bas. Jusqu'ici, nous les utilisateurs APS-C ne pouvions avoir qu'un fisheye « diagonal » : 180° seulement en diagonale (coin haut-gauche à coin bas-droit), horizontal et vertical étant inférieurs à 180°.

Sigma 4,5 mm f/2,8 Fisheye circulaire : test et impressions

Dès que je l'ai vu, j'ai su qu'il me le fallait… le seul frein : son prix. À 650 €, ce n'est pas donné, mais reste raisonnable pour un fisheye. Le contrôle qualité de Sigma n'est pas réputé exemplaire. La boutique en avait trois en stock : les deux premiers présentaient un revêtement inégal sur la lentille frontale. Le vendeur m'a assuré que cela ne se verrait pas sur les photos, mais m'a laissé les inspecter tous les trois. L'un avait un revêtement parfait. À ce prix, je voulais le meilleur.

Je l'ai utilisé sur mon Canon EOS 7D, profitant de ses 18 Mpx et de la vidéo. Et c'est un régal ! Je n'ai pas de labo pour mesurer la distorsion ou la colorimétrie. Je vous livre mes résultats pratiques et mon ressenti visuel. Les photos ici sont légèrement retouchées : les fichiers bruts sortent toujours un peu plats et mous, et ne rendraient pas justice aux capacités de l'objectif.

L'objectif

La construction est solide, monture métallique, fixation ferme. À l'arrière, un porte-filtre gélatine avec une petite plaque métallique pour les découper. Utilité limitée selon moi, sauf pour des filtres ND. Comme le porte-filtre ne tourne pas, impossible d'utiliser polariseurs ou filtres ND gradués.

Sigma 4,5 mm f/2,8 Fisheye circulaire : test et impressions

Plus avant, l'échelle de distance : trois repères — 13,5 cm, 20 cm et l'infini. Rappel : ces distances sont mesurées depuis le capteur ; la mise au point minimale est vraiment très courte. Le moteur hypersonique (HSM) fait son travail vite et silencieusement. La bague de mise au point est tout à l'avant et tourne souplement. Je l'aurais préférée plus en arrière : mes mains sont grandes et il est trop facile de mettre les doigts dans le champ. Tout bout de doigt dépassant de la bague sera photographié, attention !

La lentille frontale bombée capture les 180°. Le bouchon vient avec une bague métallique pour l'englober. N'oubliez pas d'enlever la bague aussi, sinon pas de champ complet.

Ouverture max f/2,8 : un peu lente pour une focale fixe, mais correcte pour une telle largeur. Combinée à la mise au point rapprochée, elle permet un léger flou d'arrière-plan. Surtout utile en basse lumière ; le viseur reste lumineux et l'autofocus dispose de plus de lumière.

Les photos

La netteté centrale est remarquable. Même à très courte distance — là où on veut être avec ce type d'objectif — elle est excellente. Vers les bords, on voit une aberration chromatique et des franges pourpres marquées dans les zones à fort contraste. N'ayant pas d'autre fisheye pour comparer, je ne sais pas si c'est plus ou moins que la concurrence. Je sais juste qu'il est très difficile de courber la lumière et de garder toutes les couleurs en place, et aux bords, la lumière est courbée beaucoup. La photo ci-dessous a été corrigée, celle du van Volkswagen en haut non.

Sigma 4,5 mm f/2,8 Fisheye circulaire : test et impressions

Le flare est très joli : il ne se confine pas à la projection circulaire, il « casse le cadre ». Si vous n'aimez pas, vous pouvez le masquer en post-traitement. Le flare révèle six lames de diaphragme. J'en aurais préféré un nombre impair — je préfère les traits de flare impairs. Le diaphragme fait plus de bruit que prévu, plus que mes autres objectifs. Mais ce n'est pas un objectif pour la discrétion : il faut coller au sujet sinon il devient minuscule, donc le bruit du diaphragme n'est pas un problème pratique.

Les panoramas

La vision ultra-large rend cet objectif idéal pour les panoramas. Deux photos suffisent pour couvrir 360°. Mais l'assemblage sera difficile : qualité en baisse aux bords, peu de chevauchement. J'ai donc utilisé six prises : nord, est, sud, ouest, zénith, nadir. Comme je shootais une bibliothèque à l'architecture sombre avec de grandes fenêtres au soleil éclatant, j'ai fait du bracketing HDR à -2 EV, 0 EV, +2 EV par direction. Le 7D à 7 im/s a avalé les 18 RAW sans broncher.

Avant l'assemblage, j'ai chargé les RAW dans Bibble Pro 5.1 et supprimé la plupart des aberrations chromatiques. En quelques clics, c'était réglé, et le bon chevauchement gérait le reste. Les 18 RAW exportés en TIFF 16 bits (100 Mo chacun) ont été chargés dans Hugin.

Dans Hugin, j'ai placé manuellement 5-7 points de contrôle par chevauchement, optimisé et laissé faire l'assemblage et le traitement HDR. Hugin excelle dans les HDR naturels. Beaucoup de logiciels créent d'abord une image à dynamique énorme puis la compressent par tone mapping, donnant ces aspects sur-saturés, artificiels. Hugin fusionne des pixels « réels », ignorant les sous/sur-exposés, flous, etc., en gardant les beaux. Résultat bien plus naturel.

Après export en projection équirectangulaire, j'ai chargé le tout dans l'application Flash de pan0.net pour une visite virtuelle. Le zénith n'est pas parfait, mais je peux corriger avec du temps. Notez : photos prises sans trépied ni tête panoramique.

Les vidéos

L'objectif est quasi parfait pour la vidéo. La vidéo ci-dessous montre la vue depuis ma Renault Twingo. Musique de mon groupe (je suis batteur) The Soundabout, trajet du studio à la maison. Cliquez sur l'icône en croix en bas pour le plein écran.

Trajet rapide à Amsterdam par Sybren A. Stüvel sur Vimeo.

Oui, c'est bon mais pas tout à fait parfait pour la vidéo. C'est plus un problème du 7D que de l'objectif, honnêtement. En 16:9 HD moderne, le capteur rogne quelques pixels en bas du cercle — j'aurais préféré un vrai format vidéo 3:2 haute résolution pour capturer tout le cercle. Canon, si vous lisez ceci, s'il vous plaît, avec du sucre sur le dessus, ajoutez un format 1920×1280 ou 1620×1080 !

Comme dit, je suis batteur. Ma copine filme parfois nos concerts et utilisera bien sûr le Sigma fisheye. Surveillez notre site !

Le verdict

Sigma 4,5 mm f/2,8 Fisheye circulaire : test et impressions

Ce Sigma 4,5 mm Fisheye est unique. Les résultats sont très satisfaisants, et surtout : c'est un régal. Il n'a rien d'autre dans mon sac photo. Le prix pique un peu, mais vu la qualité et les volumes de vente limités, je trouve ça justifié. Si vous voulez shooter facilement des panoramas 360°, faire des vidéos décalées ou exploiter un champ de vue incroyablement large, cet objectif est pour vous.

Voir le prix du Sigma 4,5 mm Fisheye sur Amazon (actuellement -33 %).

Testeur : Sime | Date : 30 juin 2010 | Note : 4/5

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