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Histoire du film photographique

Si vous utilisez encore un appareil photo argentique — et il n'y a pas de honte à l'avouer — vous veillez probablement à avoir suffisamment de pellicules avant vos vacances ou réunions de famille. Dans les années 1870, un banquier new-yorkais nommé George Eastman voulait faire de même pour son voyage en République dominicaine, mais le film n'existait pas encore. Il l'inventa, lança l'appareil Brownie à 1 dollar, et fit de la photographie une « affaire quotidienne » telle que nous la connaissons aujourd'hui.

Avant le film

Eastman, fondateur de l'actuelle société Kodak, n'était pas photographe, selon le site de Kodak, et devait acheter son matériel. En 1877, cela incluait un appareil de la taille d'un four à micro-ondes, et « une charge de cheval de bât » de produits chimiques, plaques, porte-plaques et autres équipements nécessaires à la prise de vue à l'époque.

Les premiers supports photographiques étaient des plaques de verre ou de métal traitées chimiquement, exposées à la lumière, développées, puis « tirées par contact » sur un matériau photosensible pour créer une photographie. Les poses pouvaient durer des heures, selon le Musée américain de la photographie, et les négatifs comme les tirages s'effaçaient rapidement.

Les premiers négatifs

Le Français Joseph Nicéphore Niépce, lithographe amateur, découvrit en 1824 une solution au problème des négatifs qui s'effacent, selon le Harry Ransom Center de l'Université du Texas à Austin. En 1826, Niépce créa le premier négatif permanent d'une image prise depuis la fenêtre de sa maison. Son support était une plaque d'étain recouverte de bitume, qui durcissait sous l'effet de la lumière. Après une pose d'une journée entière, Niépce lava la plaque dans une solution qui éliminait tout le bitume non durci, laissant une image négative encore visible aujourd'hui au Harry Ransom Center.

Progrès

Dans les 40 ans suivant la découverte de Niépce, les photographes réalisèrent des avancées majeures : premières images de personnes, d'éclairs, de bataille (guerre américano-mexicaine en 1847) et de tornade, selon l'Histoire de la photographie de National Geographic. Les supports pour négatifs évoluèrent aussi. Dans les années 1850, les « plaques humides » nécessitaient presque tout le développement immédiatement avant ou après l'exposition. Vers la fin des années 1870, selon Kodak, les plaques sèches, plus pratiques, devinrent généralement disponibles.

Le premier film

Eastman apprit d'abord le procédé à plaque humide, s'y passionna au point d'annuler son voyage, et chercha à rendre la photographie moins chère et plus commode. La photographie sur plaque sèche, introduite en 1871 par R.L. Maddox, était plus pratique mais ne répondait pas à ses attentes. Il voulait un négatif léger et flexible, alors il essaya d'enduire des bandes de papier de sels de bromure d'argent photosensibles, puis d'une couche de gélatine.

Ces « négatifs papier » fonctionnaient comme prévu, mais le grain du papier se reproduisait souvent sur les tirages, selon Kodak. Il ajouta une autre couche de gélatine, rendant les négatifs assez résistants pour être décollés du papier après exposition et développement. Eastman transféra ensuite l'image sur une autre feuille de gélatine et la scella avec de la collodion adhésif, créant un film photographique moderne, durable, bon marché, transparent et flexible.

Aujourd'hui

Les appareils numériques et les smartphones ont peut-être surpassé les appareils argentiques en popularité, mais le film reste solide dans plusieurs marchés de niche, notamment chez les photographes amateurs qui ont créé le site Analog Photography Users Group, et dans le cinéma. Selon Kodak, « le film reste le support principal pour la capture et la projection des films », et, en 2008, les 80 lauréats de l'Oscar du meilleur film avaient été tournés sur film Kodak.

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