Test du caisson sous-marin Dicapac WP-S10
Dans une industrie où on en a pour son argent, je suis toujours sceptique face aux solutions bon marché là où seul le haut de gamme existait. Mais la curiosité a été plus forte avant un voyage à la Barbade l'an dernier : je voulais photographier des tortues sous l'eau, mais pas les 3000 $ d'un caisson pour mon reflex. J'ai misé 60 $ sur ce caisson en priant pour qu'il ne noie pas mon Canon 7D.
Le caisson vient d'une marque méconnue – Dicapac USA. Plusieurs modèles selon la taille de l'appareil, le mien est le WP-S10 pour reflex standard (ils ont des modèles plus petits pour compacts et hybrides).
Anatomie du sac
Pour faire simple, le Dicapac est un sac Ziploc costaud avec un hublot spécial pour l'objectif. Mais contrairement à un sac congélation, le plastique est du PVC/TPU épais et les coutures sont soudées à l'intérieur.
Dos transparent pour lire l'écran LCD, ouverture en caoutchouc souple pour le doigt sur le déclencheur. À l'avant, un tube objectif avec porte-fileté vissable. Le tube a deux trous pour doigts permettant de régler zoom (sur zooms à bague, pas pompe) et mise au point. On peut aussi actionner les commandes latérales de l'objectif (VR/IS, mode MF).
Le haut du sac assure l'étanchéité : double zip industriel + bandes Velcro pour maintenir le tout.
À l'intérieur, c'est minimaliste mais il y a une mousse de 2,5 cm à placer sous l'appareil.
Comment ça marche
Après essais/erreurs et recherches, j'ai trouvé plus simple d'insérer l'appareil sans objectif. J'utilisais un Canon 7D sans grip. Facile à glisser par le haut zip ouvert. J'ai ensuite retiré le hublot avant, inséré mon Canon EF 10-22mm et monté l'objectif sur le boîtier dans le sac. Un boîtier plus petit (type Rebel) entrerait probablement avec l'objectif. Pour moi, ce n'était pas obligatoire, mais plus facile.
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J'ai vérifié l'optique frontale de l'objectif (pas de traces/poussière) avant de visser le hublot. Trouver le filetage un peu délicat au début, mais plus facile après quelques essais. Ensuite, comme tout Ziploc, j'ai chassé l'air excédentaire et fermé le zip. Ce n'est pas un sandwich, ça a pris quelques essais pour bien évacuer l'air. Rien d'extraordinaire jusqu'ici.
Ensuite, on roule le zip sur lui-même quelques fois et on fixe la première bande Velcro. Enfin, on pose la grande bande Velcro finale pour tout verrouiller. Il y a aussi une sangle de cou clipable sur les boucles, mais je ne l'utilisais pas.
Sur le terrain
Note opérationnelle : j'ai pratiqué la fermeture avec du papier essuie-tout à l'intérieur, puis plongé l'ensemble dans ma baignoire pour vérifier l'étanchéité. Je conseille aux nouveaux propriétaires de faire de même pour s'assurer que leur unité n'est pas défectueuse.
Après quelques photos très ennuyeuses de mon évacuation de baignoire, et un vol vers la Barbade, place au test réel. Pas de joli corail devant l'hôtel, je me suis inspiré de Clark Little et j'ai décidé de shooter à travers les tubes de vague vers le soleil couchant.
L'appareil déjà dans le sac, j'ai réalisé que mon meilleur pari était la mise au point manuelle, réglée sur une distance donnée, plutôt que de rater photo sur photo dans le déferlement rapide. Grâce aux trous du tube, j'ai basculé en MF sans souci. Le réglage de la mise au point a demandé plus d'effort : les trous n'autorisent qu'un mouvement limité. Il faut tourner la bague par à-coups d'environ 1 cm. Pas grave, juste plus long, inadapté à l'action rapide.
Mon objectif ne remplissant pas tout le tube, je devais tirer le tube en arrière avec mes doigts dans les deux trous pour garder le hublot plaqué contre l'objectif. Fatigant à la longue : après 30 min de shooting, crampes aux mains. Pas dramatique, mais je ne ferais pas un mariage avec ce setup.
Voici ce qui arrive si on ne tire pas le tube avec un grand angle :

Mais on peut en faire un joli effet « hublot » :

Le déclenchement était facile mais la plupart des commandes, surtout la molette arrière, étaient inaccessibles. Il a fallu anticiper : mode rafale, mode mesure, mode prise de vue. Je pouvais tourner la molette avant/du haut (ouverture) mais la molette arrière inutilisable.
Voici l'amplitude de mouvement du trou de déclenchement. Le truc noir en haut, c'est mon doigt :

Le zoom se réglait avec le même effort que la mise au point. Donc pas rapide, mais faisable.
Bilan
Mon premier run dans les vagues a montré que le sac encaissait les coups, mais il a fallu vérifier régulièrement que le Velcro supérieur tenait. Il a fallu le réajuster deux fois à cause de cet usage intense, et j'ai noté quelques gouttes d'eau à l'intérieur. Rien de méchant. J'ai séché le sac à la serviette sur la plage, retiré l'appareil (en laissant l'objectif pour ne pas mouiller le filetage du hublot) et revu les images. Après ajustements, j'ai remis l'appareil et suis retourné dans les vagues.
Fermer l'ouverture a permis du flou de bougé :
L'utilisation du viseur est possible mais difficile dans les vagues avec des lunettes. Plus tard, en snorkeling avec les tortues, j'ai mieux cadré. Mais honnêtement, c'était plus simple de shooter « à l'aveugle » et de laisser l'expérience guider le cadrage. L'écran arrière en Live View marche bien pour les actions lentes (tortues).
Mes trois mises à l'eau en eau salée, dont canards dans les vagues et plongées à 5 m pour les tortues : le sac n'a jamais fui significativement. Il devient un peu dur à tenir après un moment, la main étant dans une prise inhabituelle.
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Conclusion
Pour le prix et l'usage visé, ce sac vaut le coup. Preuve : j'ai déjà vendu une photo de tortue en stock qui a couvert le coût du sac.
Bon pour usage récréatif, pas pour la plongée bouteille. Étanchéité 5 m / 16 ft (norme JIS IPX8). Certains s'inquiètent de surchauffe : j'ai laissé mon appareil allumé dans le sac plus de 2 heures sans souci (le 7D alerte en cas de surchauffe).
Ça marche aussi bien comme sac étanche général : idéal pour garder sable et embruns hors de votre matériel. Parfait pour rafting ou tranquillité en kayak de mer. J'ai entendu parler d'un adaptateur qui aide le hublot à se fixer sur l'objectif comme un filtre, ce qui faciliterait grandement le shooting et les crampes. Pas encore trouvé.
Je pars au Mexique, Belize, Alaska, Jamaïque, Australie et Nouvelle-Zélande cette année et compte emmener le sac à chaque fois. J'achèterai aussi un petit flacon de Rain-X pour limiter les gouttes sur les photos de vagues.
POUR
- Pas cher – 70 $ sur Amazon.
- Utilisable avec plusieurs appareils.
- Se range petit pour voyager vs caissons rigides.
- Pas besoin de hublots différents selon l'objectif. Marche bien avec un 100 mm macro par ex.
- Viseur utilisable, mais peu utilisé.
- Hublot amovible pour insérer appareil/objectif plus facilement.
- Sangle et boucles pour le garder mains-libres en nageant.
- Fonctionne comme sac étanche hors de l'eau.
CONTRE
- Contrôle boutons/molettes limité. Il faut anticiper certains réglages. -il faut de la pratique pour bien fermer.
- Zoom et mise au point lents, mais possibles.
- Tenir l'objectif contre le hublot fatigue.
- Sans la main, l'appareil balloté dans le sac.
- Revêtement du hublot rendant filtre polarisant impraticable (arcs-en-ciel). Sinon assez neutre.
- Pas de flash, ni interne ni cobra, bien qu'un déclencheur sans fil puisse marcher.
Si vous avez des questions précises, je répondrai en commentaires.
Résumé
Testeur Peter West Carey
Date de test
Produit testé Dicapac WP-S10 Underwater Housing
Note auteur 3








