Test terrain du Olympus OM-D E-M1X : le boîtier pro Micro 4/3
J'ai acquis l'Olympus OM-D E-M1X il y a quelques mois et l'ai longuement éprouvé. C'est une bête de course fascinante, et mes observations terrain pourront éclairer votre choix. Voici mon test réel, non scientifique, de ce nouveau fleuron Olympus.
Mon parcours et mes attentes
Transparence : je ne suis pas sponsorisé par Olympus, mais j'utilise leurs boîtiers depuis des années (E-M1 Mark I, II, E-M5 Mark II). J'ai aussi pratiqué Panasonic et, avant cela, Canon. J'ai quitté Canon pour le poids : je voyage beaucoup, et les optiques plein format sont bien plus lourdes à focale équivalente. Je suis un photographe « run-and-gun » : je me positionne, cadre, shoote, et bouge. Pas de filtres, peu de changements d'optiques, trépied rare.
Des critiques prématurées
À sa sortie, l'E-M1X a essuyé des critiques négatives avant même d'être testé : capteur Micro 4/3 « ancien » (même 20 Mpx que l'E-M1 Mark II), prix élevé (~3000 $ vs 1500 $ pour le Mark II). Pourtant, ses atouts sont pros : tropicalisation extrême, IBIS exceptionnel, vitesse, fonctions computationnelles uniques.
Le format Micro 4/3 rappelé
Rappel : capteur Micro 4/3 = facteur de crop 2, surface ~1/4 du plein format (35 mm). Jadis, le plein format était rare et cher. Aujourd'hui accessible, mais encore onéreux. Le Micro 4/3 reste pertinent pour la compacité du système.
Coût vs équipements
L'écart de ~1100 $ s'explique en partie : l'E-M1X intègre une poignée batterie (optionnelle à 250 $ sur Mark II), un chargeur supplémentaire (59 $) et une batterie (54 $). Reste un surcoût réel, l'E-M1X étant le plus cher des Olympus.
Le marketing m'a aussi interpellé : Olympus le positionne « au même niveau » que l'E-M1 Mark II, pas comme flagship assumé. Ciblé faune/sport, mais est-il polyvalent ? La tropicalisation annoncée (fonctionnement sous déluge) est un argument fort.
Résultats terrain
Voyages (Nevada, Madère), trek en autonomie (pluie continue, E-M1X en clip Peak Design sur sac), photo animalière. Différences clés : tropicalisation, AF, IBIS, capteurs de terrain, fonctions computationnelles.
Tropicalisation : au-delà des promesses
Beaucoup se disent « tropicalisés » mais craignent l'eau. L'E-M1X, lui, m'a laissé shooter serein sous déluge — seule la goutte sur l'objectif me gênait. Accès cartes/batterie : joints impressionnants. Testé dans le grand nord canadien (neige, froid extrême) : zéro souci. Mon E-M1 Mark II avec poignée externe m'inspirait moins confiance.
Ergonomie et prise en main
Solide comme un tank. Poignée intégrée = ergonomie supérieure au Mark II (poignée externe toujours un peu lâche). Les deux batteries dans un même compartiment : échange trivial. Verrous sur poignée et slots cartes : sentiment de robustesse.
Disposition des boutons repensée
Logique, délibérée. Majorité des boutons dupliqués pour orientation portrait/paysage. Le bouton AF arrière (back-button focus) est idéalement placé. Deux joysticks (paysage/portrait) pour déplacer le collimateur AF en shootant.
Autofocus : un bond en avant
Suivi continu bien supérieur au Mark II (fw 2.3). Verrouille le sujet et le tient dans la foule. Testé sur match de crosse de mon fils : tenue de tracking bluffante. Hybride détection de phase/contraste, ultra-rapide. Au niveau des meilleurs du marché.
Stabilisation capteur (IBIS) : 7,5 stops
Revendiqué à 7,5 stops avec objectif stabilisé. La plupart des optiques Olympus n'ont pas de stabilisation optique : tout repose sur l'IBIS. Résultat : poses main levée de 4 à 6 secondes nettement exploitables. Venu de reflex Canon/Nikon (stabilisation optique seulement), c'est une libération : plus besoin de surveiller la vitesse d'obturation, même à haute résolution. Trépied souvent inutile.
Capteurs de terrain (Field Sensors)
GPS intégré + altitude, température, élévation dans les métadonnées (exploitable dans Lightroom). Avant, il fallait l'appli mobile. Attention : mode « économie batterie » indispensable, sinon vidange rapide même appareil éteint. En mode éco, il faut allumer l'appareil un moment pour que le GPS verrouille la position avant de shooter.
Mode Haute Résolution : trépied et main levée
Le décalage capteur (pixel shift) existe depuis des années chez Olympus (8 prises, 80 Mpx RAW sur trépied). L'E-M1X ajoute un mode main levée : 16 prises combinées en 50 Mpx. Fonctionne remarquablement bien. Seul écueil : sujets mobiles. Mais le gain de résolution est net.
Filtre ND simulé
Mode ND : pose longue simulée sans filtre physique. Eau de jour main levée, sans ND. Résultats probants, limites connues, mais gain de temps pour le « run-and-gun ». Équivalent réalisable avec vrai ND, mais moins pratique.
Compact et personnalisable
ADN Olympus : 100 ans de compacité sans compromis. Boîtiers robustes, optiques excellentes, personnalisation poussée. Olympus repousse les limites autour du capteur : IBIS, pixel shift, photo computationnelle.
Au-delà des nouveautés, les fondamentaux
L'E-M1X est plus lourd, mais ergonomie au top. Parc optique Micro 4/3 (Olympus + Panasonic) excellent. Qualité d'image jamais un frein pour mon travail. Optiques très lumineuses = beaux bokehs. En contrepartie : pas discret pour la rue. Gros, imposant, crie « photographe sérieux ». Mais il livre la marchandise.
Hors débat capteur (plein format vs APS-C vs Micro 4/3), pour 99 % des usages (sauf tirages géants, crop extrême, bokeh fou), le Micro 4/3 suffit. Même en astrophotographie, avec du travail. La référence absolue aujourd'hui ? Fujifilm GFX 100 (moyen format 100 Mpx, tropicalisé, IBIS, double slot).
Verdict
L'E-M1X excelle si vous : prenez vos images au sérieux, voyagez léger, affrontez conditions météo rudes, voulez limiter accessoires (trépied, filtres). La plupart des boîtiers modernes font de belles images entre de bonnes mains. La différence se joue sur les fonctionnalités et l'adaptation à la tâche.
Mon expérience terrain : pour la photo générale, l'E-M1X est prêt. Il fait des choses que d'autres ne font pas : tropicalisation dure, haute résolution main levée, ND simulé, rafale 60 i/s (sans AF) / 18 i/s (AF continu), IBIS dingue.

