Quel appareil les photographes de presse utilisaient-ils en 1898 ?
Aucun. Il n'existait pas de « photographes de presse » utilisant des appareils en 1898. La profession n'existait pas encore.
État de la photographie en 1898
- Procédé : plaques sèches (gélatino-bromure d'argent sur verre) — assez sensibles pour ~1/25 s en plein soleil.
- Appareils : chambres grand format (4×5, 5×7, 8×10) sur trépied. Les « detective cameras » portables (Kodak n°1, 1888 ; Pocket Kodak, 1895) existaient mais lentes, mise au point fixe, curiosités à film rouleau.
- Flux de travail : poser plaque → développer sur place (chambre noire tente) ou courir au studio → tirage → gravure → publication. Jours à semaines.
- Reproduction : tramage (inventé années 1880) permet photos dans journaux, mais la plupart illustrations restaient gravures à la main d'après photos ou croquis.
Qui faisait les images ?
- Photographes de studio commandités pour portraits/événements.
- Photographes d'expéditions/levés (Jackson, O'Sullivan, Watkins — plus tôt).
- Amateurs aisés (possesseurs Kodak n°1).
- Photographes de guerre (Guerre hispano-américaine, 1898 : rares, ex William Dinwiddie pour Leslie's Weekly — chambre 5×7).
Quand le "photographe de presse" émerge-t-il ?
- Début 1900 : tramage fiable et rapide ; journaux embauchent du personnel.
- 1904 : Daily Mirror (Royaume-Uni) lancé comme quotidien illustré.
- Années 1910 : Graflex Speed Graphic (reflex à rideau) permet reportage main levée.
- Années 1920 : "photographe de presse" métier reconnu ; poudre éclair → flashbulbe (1927) permet nuit.
- Années 1930 : Leica 35 mm + agences (AP, UP) = photojournalisme moderne.
Archives visuelles 1898
Ce qui subsiste : portraits de studio posés, architecture statique, quelques scènes camp guerre hispano-américaine — toutes trépied, pose longue, plaque verre. Pas de photo de rue candide d'actualité.
Le concept de "photographe de presse avec appareil" est anachronique pour 1898.
