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Test de la Bang & Olufsen Beoplay A1 : l'élégance a un prix

La Bang & Olufsen Beoplay A1 tente de transposer l'expérience d'écoute domestique haut de gamme de B&O dans une enceinte Bluetooth transportable. L'expérience est globalement réussie grâce à un son d'un équilibre remarquable, des médiums ciselés et un design élégant. Là où elle pêche, c'est sur le format : malgré une fabrication premium, l'enceinte est lourde, encombrante et d'une forme maladroite. Pour percer le mystère de cette enceinte à 250 €, nous avons testé un modèle « Natural » en aluminium brossé pendant près d'une semaine à New York.

Design : élégant, mais maladroit

Bang & Olufsen est célèbre pour sa Beoplay A9, cette enceinte sur trépied au look extraterrestre qui trône élégamment dans un salon. Les audiophiles sensibles au design connaissent B&O comme une marque qui unit esthétique visuelle et acoustique avec sérieux. La A1 tente de miniaturiser ce concept circulaire en retirant le trépied. Elle ne ressemble pas tout à fait à l'A9 : elle est bien plus épaisse et, de profil, évoque un détecteur de fumée. Mais le langage design est là.

La finition « Natural » est en aluminium brossé, proche de l'unibody des premiers MacBook. La base est en caoutchouc-plastique robuste, assurant une pose stable et sécurisante sur une table.

Le choix le plus discutable est la lanière en cuir intégrée. Elle apporte un contraste esthétique sympathique et est amovible, mais elle jure un peu avec le minimalisme global de l'objet. Autre grief : l'épaisseur. Elle a des répercussions sur la portabilité (voir section suivante), mais il faut souligner que la première impression au déballage est celle d'une enceinte bien plus épaisse qu'en photo. Six autres coloris sont disponibles (Moss Green, Tangerine Red, etc.), tous au rendu premium.

Portabilité : encombrante et maladroite

C'est le point noir de la A1. Haute de presque 5 cm (presque 2 pouces), elle est bien plus épaisse qu'attendu d'une marque qui prône habituellement la finesse. Son format circulaire de plus de 13 cm de diamètre ne se glisse pas aisément dans un sac à dos. À 590 g (1,3 lb), son poids et son volume se font sentir si on la laisse en permanence dans son sac. La lanière en cuir offre une prise, mais l'enceinte reste glissante hors de cette lanière, et les fentes de fixation, calibrées pile à la largeur de la lanière d'origine, compliquent le remplacement par une sangle personnelle. Le design suggère un usage « bureau » plutôt que « pique-nique » : la sportivité n'était clairement pas l'objectif.

Robustesse et fabrication : costaud, mais sensible aux rayures

La Beoplay A1 souffre d'une crise d'identité, nulle part plus visible que sur la durabilité. La première génération (celle testée) clame être résistante aux éclaboussures et à la poussière, mais sans certification IP officielle. Les indices IP ne sont pas une vérité absolue, mais ils posent un cadre commun. Sans eux, on ne fait que croire B&O sur parole pour la piscine ou la pluie légère. Nos tests extérieurs modérés n'ont révélé aucun souci, mais nous ne saurions recommander la plage (sable) ou de fortes pluies. Ceci dit, cette enceinte respire plus l'intérieur que l'aventure.

Ce n'est pas tout noir. La grille supérieure en aluminium anodisé protège solidement les haut-parleurs. La moitié inférieure en caoutchouc ultra-résistant surpasse même la gamme Flip de JBL, réputée aventurière. L'ensemble donne une impression de tank, apte à survivre au fond d'un sac ou à une chute légère. En revanche, l'aluminium premium marque facilement : rayures et micro-chocs sautent aux yeux, ce qui est psychologiquement plus gênant sur un objet de luxe.

Connectivité et mise en route : simple et stable

Le Bluetooth 4.2 de la première génération offre 30 m de portée théorique. Suffisant en ligne de vue, mais l'absence de Bluetooth 5.0 empêche l'appairage multipoint et peut poser souci derrière des murs épais ou en forte interférence. Si le Bluetooth 5.0 est indispensable, tournez-vous vers la deuxième génération, qui en est l'apport majeur.

Comme attendu sur un produit premium, l'enceinte s'appaire immédiatement au déballage, s'intègre aisément au menu Bluetooth d'un iPhone, et dispose d'un bouton pour réinitialiser l'appairage. La stabilité a impressionné : aucun décrochage dans un bureau bourré de périphériques Bluetooth, même téléphone dans la pièce d'à côté. Une entrée auxiliaire (jack 3,5 mm) complète l'arsenal pour la liaison filaire.

Qualité sonore : le point fort

Sur un produit B&O, on attend un beau design et une belle réponse sonore. Ici, le son l'emporte de peu. La fiche technique est claire : deux amplificateurs classe D de 30 W RMS chacun, l'un pour le woofer de 3,5 pouces, l'autre pour le tweeter de ¾ pouce. La réponse en fréquence s'étend de 60 à 24 000 Hz.

Ce grave à 60 Hz n'étonne pas : les petites enceintes peinent généralement sous 50 Hz. En revanche, la montée à 24 kHz offre une marge et une brillance inattendues.

Mais les chiffres ne racontent pas tout. L'écoute révèle une réponse plus plate, plus détaillée qu'une JBL bass-heavy ou une Ultimate Ears punchy. Deux raisons : d'abord, l'enceinte est conçue comme les modèles domestiques, pour un équilibre global plutôt que de la projection de basses. Ensuite, elle donne son meilleur à plat sur une table, là où Bose ou JBL privilégient la pose sur le côté.

La diffusion par le haut (« True360 » selon B&O) remplit l'espace immédiat de manière plus homogène que la concurrence. Globalement, la A1 est moins forte que les modèles sportifs d'autres marques, mais cela permet une écoute plus posée, moins fatigante. L'application Beoplay (voir plus bas) offre de nombreux réglages sonores.

Autonomie : une promesse non tenue

Sur le papier, l'autonomie de la première génération est impressionnante : jusqu'à 24 h, le record pour ce format. La capacité de la batterie n'est pas communiquée, mais le poids laisse deviner un accumulateur généreux. En conditions réelles, nous n'avons obtenu que la moitié. Cela peut venir du volume d'écoute et de l'usage des fonctions connectées via l'application, mais c'est décevant de voir B&O surpromettre.

L'autonomie variera selon l'usage, mais le port USB-C et la technologie de charge adaptative de B&O rechargent vite. Une fonction de lecture adaptative baisse automatiquement le volume sous 20 % de charge : surprenant au premier abord, mais c'est un rustine bienvenue sur une autonomie par ailleurs décevante.

Logiciel et fonctions annexes : une application impressionnamment intuitive

J'ai testé beaucoup d'applications compagnons (enceintes, écouteurs...), souvent trop limitées ou trop complexes. L'application Beoplay m'a agréablement surpris par sa simplicité. Une fois le compte créé, elle détecte les appareils B&O connectés et met le contrôle au bout des doigts.

Outre les classiques (batterie, firmware, appairage stéréo avec une seconde A1), la star est l'égaliseur intuitif. Cinq préréglages (ambiant, actif, etc.) sont proposés, mais le vrai génie est la grille tactile : on fait glisser un point entre « énergique », « relaxé », « chaud » et « brillant » (sur deux axes). Une approche visuelle, simple, pour affiner le son avec une précision chirurgicale sans curseurs abscons.

Prix : pour amateurs de premium uniquement

Première génération (meilleure autonomie, son plus fort) ou deuxième (Bluetooth 5.0, design affiné), le ticket d'entrée est de 250 €, sauf promotion. Soit le double d'une JBL de volume équivalent, mais en phase avec le positionnement premium. Cette enceinte ne s'adresse qu'à qui veut un objet premium, à l'aise aux côtés d'une mallette en cuir et d'un MacBook Pro. Le son est incroyable, mais c'est le design et la fabrication qui justifient vraiment le prix.

B&O Beoplay A1 vs Bose SoundLink Revolve+

Puisque B&O promet un son omnidirectionnel, la comparaison avec la SoundLink Revolve+ de Bose s'impose. Pour 50 € de plus, Bose offre une enceinte plus grave, plus forte, avec une meilleure diffusion 360°. L'autonomie promise par B&O est supérieure, et la qualité sonore pure de la A1 l'emporte légèrement à mon avis. Mais pour sonoriser une fête, la SoundLink est plus impressionnante.

Verdict final

Une petite enceinte premium avec des compromis

La B&O Beoplay A1 est difficile à recommander : à ce prix, on n'attendait pas autant de concessions. L'autonomie réelle est loin des promesses, l'absence d'indice IP officiel laisse un flou sur la durabilité réelle, et le Bluetooth 4.2 sans codecs premium ne correspond pas au positionnement tarifaire. Mais deux arguments massifs restent : elle sonne d'une richesse incroyable et elle est magnifique sur un bureau. Si ces deux points correspondent à vos priorités, elle mérite le coup d'œil.

Caractéristiques techniques

  • Nom : Beoplay A1 Portable Bluetooth Speaker
  • Marque : Bang & Olufsen
  • SKU : B01DO9KW38
  • Prix : 249,99 $
  • Poids : 590 g (1,3 lb)
  • Dimensions : 4,6 x 13 x 13 cm (1,8 x 5,1 x 5,1 in)
  • Coloris : Natural, Black, Sand Stone, Moss Green, Tangerine Red, Aloe
  • Autonomie : 12–24 h (très variable)
  • Type : Sans fil
  • Portée : 30 m
  • Garantie : 2 ans
  • Bluetooth : 4.2
  • Codecs : SBC, AAC
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