Test du Nikon COOLPIX P1000 : le roi du superzoom 125x
Nous avons acheté le Nikon COOLPIX P1000 pour que notre expert puisse le tester et l'évaluer en profondeur. Poursuivez votre lecture pour découvrir notre analyse complète.
Le Nikon COOLPIX P1000 est actuellement le champion incontesté de la course au superzoom. Aucun autre appareil n'offre une plage de zoom approchant les 125x insensés, soit 24-3000 mm équivalent 35 mm. Cependant, de telles capacités extrêmes ne s'obtiennent pas sans compromis, et ce sont ces compromis qu'il faut examiner attentivement avant d'investir dans le titan téléobjectif de Nikon.

Design : un tank en carton
Le Nikon COOLPIX P1000 suscite invariablement des réactions stupéfiées : "C'est un compact ? Son objectif fait quelle longueur ? Il pèse combien ?" C'est un appareil vraiment marquant qui se détache sur un marché saturé. À première vue, on dirait un reflex pro, et la vérité est que le P1000 partage plus de quelques similitudes avec ses cousins à objectifs interchangeables.
Le boîtier du P1000 est grand et solide en main, bien que plus léger qu'on ne l'attendrait pour un appareil de cette taille. C'est un gros appareil — certains diront trop gros, mais à certains égards, la taille peut être un avantage sur un compact plus portable. Pour les grandes mains, cet appareil sera plus confortable à tenir que certains reflex et hybrides haut de gamme.
Nous l'avons trouvé confortable pour de longues sessions : nos doigts ne glissaient jamais de la poignée en caoutchouc texturé, et le massive barillet d'objectif offrait une seconde prise confortable pour des prises de vue stables.
Aucun autre appareil n'offre une plage de zoom approchant celle-ci.
Bien qu'il soit facile à tenir solidement et que son poids léger facilite le transport, le manque de masse rend son utilisation difficile aux focales téléobjectif extrêmes. Un appareil lourd offre plus de stabilité, les appareils légers étant sujets aux tremblements.
C'est vrai même sur trépied, et ce problème de stabilité n'est pas aidé par le fait que la fixation trépied se trouve à l'arrière de l'appareil au lieu de son point milieu. C'est l'emplacement traditionnel, mais rappelez-vous que les gros téléobjectifs pour reflex ont souvent leur propre fixation trépied. Le P1000 serait bien plus stable sur trépied si la fixation avait été placée sur le barillet d'objectif.
Lors de nos tests, la batterie du P1000 ne prenait que quelques heures pour charger de vide à plein. Nous avons pris des centaines de photos, filmé des timelapses et capturé une grande quantité de vidéo 4K avant qu'elle ne nécessite une recharge.

Installation : charger et partir
Nous avons pu mettre le P1000 en route très rapidement. L'installation se résume à insérer la carte mémoire et la batterie, puis brancher sur secteur. Après quelques heures de charge, c'est prêt.
Au premier démarrage, une série de menus nous a guidés dans un processus standard : réglage de l'heure et de la date. Notre seule plainte : on ne peut charger la batterie qu'en interne, ce qui laisse l'appareil branché sur secteur pendant des heures. Si la charge interne est pratique, nous aurions aimé une station de charge externe également.
Sachez que l'appareil refuse de fonctionner sans carte SD — on ne peut même pas l'utiliser comme longue-vue numérique.

Commandes : nombreuses fonctions de niveau pro
Le P1000 ne lésine pas sur les commandes — le boîtier est littéralement couvert de boutons, molettes et commutateurs. Pour le photographe novice, cela peut sembler intimidant, mais cette profusion de commandes physiques séduira les utilisateurs plus expérimentés. Nous avons noté des variations de qualité : par exemple, la molette autour du bouton OK semble un peu fragile. Mais dans l'ensemble, les commandes sont tactiles et satisfaisantes.
Le P1000 a une molette de mode typique sur le dessus avec ses modes manuels et automatiques. À côté, une molette de réglages, un bouton fonction programmable, et le déclencheur avec le contrôle de zoom principal. Nous aurions préféré un interrupteur d'alimentation plutôt qu'un bouton, ou un bouton mieux placé pour éviter les allumages accidentels.
Le zoom peut aussi être contrôlé via des boutons sur le barillet d'objectif ou par la bague à l'extrémité de l'objectif. La bague et les boutons de zoom peuvent être personnalisés pour contrôler différents aspects de l'appareil. Il y a aussi un bouton "snap back" pour dézoomer rapidement quand on suit un sujet à longue focale.
À l'arrière, plusieurs commandes de menu à droite de l'écran, ainsi que les boutons de lecture photo et d'enregistrement vidéo. Notez particulièrement le sélecteur Manuel/Autofocus. C'est une fonctionnalité particulièrement précieuse, car basculer entre mise au point manuelle et autofocus est fréquemment nécessaire avec le P1000.
Système de menus : navigation intuitive
Nous n'avons eu aucun mal à trouver et modifier les réglages dans le système de menus simple et intuitif du P1000. Sachez simplement que la disponibilité des différents réglages varie largement selon le mode utilisé.
Durabilité : une bête délicate
L'appareil n'est ni tropicalisé ni rugged, bien qu'il semble bien construit. Il devrait aller dans des conditions modérément humides, mais nous ne le risquerions pas sous la pluie ou dans des situations où il risque d'être éclaboussé ou couvert de poussière et de saleté.
L'écran orientable semble aussi fragile, soyez prudent en le dépliant. On peut aussi le retourner et le clipser face vers l'intérieur, une excellente façon de réduire le risque de dommages à la surface de l'écran.

Connectique et connectivité : bien pourvu
Le P1000 a une bonne gamme de ports, et nous avons apprécié leur agencement intelligent et les robustes caches en caoutchouc qui les protègent. Cet appareil a un mini HDMI, USB, une prise casque, et un port de déclencheur à distance. Le déclencheur à distance et la prise casque ont chacun leur compartiment, tandis que HDMI et USB en partagent un.
Ce design — compartimentation couplée à d'excellents caches — est supérieur à beaucoup de reflex. Malheureusement, il n'y a pas de prise casque pour la surveillance audio.
La griffe porte-accessoires permet d'utiliser divers accessoires, flashs et micros.
On a aussi le transfert d'images Wi-Fi, utile pour éditer et partager les images en déplacement. Cela se fait via l'application gratuite SnapBridge, facile et assez rapide.

Qualité photo : résultats mitigés
Le P1000 capture de bonnes images dans des conditions d'éclairage optimales, mais peine en basse lumière. Nous avons constaté que la qualité d'image se dégrade rapidement au-delà de 400 ISO, et nous ne recommanderions pas de shooter au-delà de 800 ISO si possible. Au maximum de 6400 ISO, les images sont pâteuses et pleines de bruit. En revanche, à 400 ISO et moins, très peu de bruit, images nettes et détaillées.
Nikon a évidemment réalisé que la basse lumière serait un problème, et pour contrer les soucis de sensibilité, ils ont inclus un flash remarquablement puissant. Il se déploie avec un mécanisme à ressort satisfaisant, et est assez lumineux pour éclairer des sujets même à des distances téléobjectif. Pour un flash intégré, il fait un travail correct.
La qualité d'image se dégrade rapidement au-delà de 400 ISO.
Autre aide pour la basse lumière : une stabilisation d'image très efficace, qui fait un travail vaillant pour minimiser les vibrations aux zooms extrêmes. Mais à 3000 mm, cette stabilisation ne peut pas grand-chose contre les tremblements amplifiés par la focale extrême.
Comme beaucoup de superzooms, le COOLPIX P1000 produit les meilleures images aux courtes focales. L'ouverture maximale de f/2,8 n'est disponible qu'au grand angle, puis se rétrécit progressivement. Qualité et luminosité restent bonnes jusqu'à 1500 mm (f/5). Au-delà, la qualité photo décroche vite : ouverture f/6, puis f/7, et enfin f/8 bloquée à 3000 mm, ce qui est très sombre.
La qualité JPEG est ce qu'on attend d'un compact : satisfaisante pour les photographes occasionnels, mais les plus expérimentés voudront profiter de la flexibilité du RAW en post-traitement. En cas de doute, on peut toujours capturer JPEG et RAW simultanément.

Qualité vidéo : surprenamment compétente
Le Nikon COOLPIX P1000 offre une vidéo 4K nette et belle parmi une gamme de résolutions et cadences. On peut aussi filmer en 1080p ou moins jusqu'à 60 ips, ce qui est le maximum pour le ralenti.
Pour l'enregistrement vidéo basique, cet appareil est bien équipé. Les rushes 4K sont très impressionnants — ils se comparent favorablement aux hybrides et reflex pros à objectifs interchangeables.
Notablement, pas de recadrage supplémentaire en 4K par rapport à la 1080p, un problème frustrant sur beaucoup d'autres appareils (surtout chez Canon). Le P1000 a aussi une excellente prise micro externe, mais comme mentionné, pas de prise casque pour surveiller l'audio.

Autofocus : correct, sauf quand il ne l'est pas
Le P1000 est lent comme un escargot pour la mise au point en basse lumière, et refuse souvent de faire le point du tout dans les situations sombres.
Nous avons aussi constaté que l'appareil a du mal à distinguer le sujet de l'arrière-plan, comme quand nous avons essayé de photographier un oiseau contre le ciel — il faisait souvent le point sur le ciel. Heureusement, il y a le commutateur manuel/autofocus dédié. La mise au point manuelle via la bague de réglage sur le barillet est facile et précise grâce au mécanisme fluide et satisfaisant et à la fonction "focus peaking" utile.
Avec le focus peaking, l'appareil détecte les zones nettes de la photo et les surbrille à l'écran. Cela permet de voir ce qui est net pendant la mise au point manuelle, rendant le processus bien plus facile et précis.
De plus, les boutons de zoom secondaires sur le barillet peuvent être programmés pour contrôler la mise au point fine. Avec cette fonction, on peut faire de grands ajustements de mise au point manuelle avec la bague principale, puis des micro-ajustements avec ces boutons.
Écran/LVF : le médiocre et l'incroyable
Comme mentionné, l'écran du P1000 semble très fragile. Cependant, il gagne des points pour être orientable, et il est parfaitement clair et utilisable avec une résolution de 921 000 points.
Le LVF (viseur électronique) est une tout autre histoire — avec 2,36 millions de points, il est grand, confortable et d'une clarté cristalline. C'est en fait l'un des meilleurs LVF testés sur un compact, rivalisant même avec ceux des hybrides haut de gamme.
Un capteur détecte automatiquement quand on approche l'œil du LVF, et nous avons trouvé ce système de basculement entre écran et viseur efficace. Cependant, comme la plupart de ces capteurs, il se déclenche souvent (et agaçamment) par accident en utilisant l'écran orientable. La bonne nouvelle : cette fonctionnalité peut être basculée pour n'activer que le LVF ou que l'écran.

Astrophotographie : au-delà de la lune
L'une des choses les plus excitantes avec le P1000 est de le pointer vers le ciel nocturne et de capturer les merveilles du cosmos invisibles à l'œil nu. À 3000 mm, il est parfaitement possible de prendre des photos reconnaissables d'autres planètes — les anneaux de Saturne, les formations nuageuses et lunes de Jupiter sont particulièrement spectaculaires.
Le P1000 a aussi des modes spécialement conçus pour l'astrophotographie, dont un mode sur la molette de commande pour photographier la lune. Si le P1000 prend de belles photos de lune, nous ne recommanderions pas ce mode spécial qui ne fait que laisser choisir différentes teintes de couleur pour la lune. Nous recommanderions plutôt le mode manuel pour la plupart de l'astrophotographie.
L'une des choses les plus excitantes avec le P1000 est de le pointer vers le ciel nocturne et de capturer les merveilles du cosmos.
L'appareil inclut aussi un mode timelapse "Star Trail", qui fonctionne bien à condition d'avoir un trépied très stable, une batterie pleine, et de ne pas laisser l'appareil dehors des heures durant. Nous n'avons pas trouvé le P1000 particulièrement efficace pour photographier tout le ciel nocturne — il n'est pas assez sensible. Mais pour observer de gros corps célestes relativement proches de la Terre, c'est dur à battre.

Faune : conçu pour les safaris
Le P1000 vise évidemment les photographes animaliers — plus la distance entre vous et votre sujet est grande, mieux c'est. À 3000 mm, on peut observer la faune si loin que les animaux ne savent même pas qu'on est là. Là où d'autres appareils captent des points sur un sommet lointain, le P1000 vous met face à face avec ces chèvres de montagne.
Cela dit, le P1000 n'est pas génial pour l'ornithologie, même s'il a un mode dédié (avec sa place sur la molette principale) pour la photo d'oiseaux. Nous n'avons pas trouvé grande différence entre ce mode et l'auto standard. Les problèmes de photo d'oiseaux existent quel que soit le mode : les oiseaux sont rapides et imprévisibles. Il faut une vitesse d'obturation élevée et un bon autofocus. Nous avons déjà évoqué le problème de vitesse d'obturation du P1000, et l'autofocus est encore pire.
Le bouton "snap back" est utile pour suivre les oiseaux et autre faune, mais nous avons découvert qu'il est un peu lent pour cet usage. C'est une belle fonction, mais elle a besoin d'être plus réactive.

Sport : billet pour le premier rang
Photographier des événements sportifs est un usage idéal pour le Nikon COOLPIX P1000. Même au sommet des tribunes, vous pouvez zoomer assez près pour voir la sueur couler sur le visage du quarterback.
Le mauvais autofocus et la faible performance en basse lumière peuvent poser problème, mais nous pourrions définitivement voir cet appareil utilisé pour se rapprocher du jeu, surtout si vous êtes loin du terrain.
Macro : proche, mais ce n'est pas un microscope
Le P1000 est étonnamment capable en macrophotographie, avec quelques particularités. Il peut approcher à 1 cm aux focales jusqu'à 135 mm. C'est très proche, et on peut obtenir de très belles photos et vidéos de minuscules sujets. Cependant, pour utiliser l'autofocus à de telles distances, il faut utiliser le mode Macro dédié, accessible en mode Scène.
En mode Macro, deux options : prise unique et mode multiprise avec réduction de bruit, très utile pour les macros où le bruit indésirable est plus sévère. Pour utiliser cette fonction, vous voudrez absolument garder l'appareil sur trépied.
Nous avons aussi constaté que l'énorme lentille frontale est si grande qu'elle empêche en fait de s'approcher assez pour obtenir un bon grossissement.
Prix : un bras et une jambe pour ce zoom intégré
Le P1000 a un MSRP de 999 $, beaucoup pour un superzoom ou compact. À ce prix, on pourrait s'offrir un hybride plein format budget comme le Sony a7, ou même un a7 II en promo. Alternativement, un reflex budget comme le Canon T3 et un Sigma 150-600mm C pour un prix total similaire, donnant de véritables images super-télé impressionnantes, ou simplement un superzoom moins cher (beaucoup de modèles concurrents à 500 $ ou moins).
Avec tout ça en tête, on pourrait facilement conclure que le P1000 est surfait. Mais il faut considérer que c'est un appareil unique, recordman. Rien d'autre ne lui ressemble, donc s'il vaut son prix élevé dépend de l'importance que vous accordez à ces droits de vantardise.
Nikon COOLPIX P1000 vs Canon SX70 HS
Le P1000 fait face à une rude concurrence de nombreux appareils pour diverses raisons, mais le Canon SX70 HS s'en approche le plus en termes de fonctionnalités. À bien des égards, le SX70 dépasse le P1000, tout en coûtant presque la moitié : meilleure stabilisation, meilleure performance en basse lumière, et cette merveilleuse science des couleurs Canon.
L'écran du SX70 est aussi bien supérieur à celui du P1000. Les deux ont des écrans orientables, mais celui du Canon est non seulement plus lumineux et net, il est bien mieux construit et à la hauteur des écrans des reflex et hybrides Canon. En contraste, le Nikon semble terne et très fragile.
Le Nikon offre plus du double de la focale max du Canon, et son boîtier est bien plus agréable à tenir grâce à sa grande taille. Cependant, le Canon est meilleur en macro, a un autofocus plus rapide sur toute sa plage de zoom, et est bien plus compact.
Le P1000 bat facilement le Canon pour la vidéo 4K puisqu'il n'a pas le recadrage supplémentaire que Canon a mis dans le SX70.
Le choix dépend de l'importance que vous accordez à la plage de zoom supplémentaire et à la qualité vidéo du P1000. À moins d'en avoir besoin, ou d'être vraiment séduit par le "cool factor" considérable du P1000, le Canon SX70 est le meilleur achat.
Verdict final
C'est cher et plutôt impratique, mais le zoom fou est vraiment amusant à utiliser.
Posséder un Nikon COOLPIX P1000, c'est un peu comme posséder une voiture de sport : c'est un bel appareil, mais pas très pratique. Il est encombrant et cher, a une courbe d'apprentissage raide et plein de petits défauts agaçants. Mais cet appareil apportera beaucoup de joie à certaines personnes, et si vous voulez vraiment un appareil amusant avec un zoom record (et que le prix ne vous dérange pas), alors peut-être que le Nikon COOLPIX P1000 est pour vous.
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Caractéristiques techniques
- Nom du produit : COOLPIX P1000
- Marque : Nikon
- UPC : 018208265220
- Prix : 999,00 $
- Poids : 1,41 kg
- Dimensions : 18,3 x 14,7 x 11,9 cm
- Écran : 3,2 pouces, 921k points
- Plage d'ouverture : f/2,8 à f/8
- Plage de zoom : 125x, 24-3000 mm (équivalent 35 mm)
- Qualité d'enregistrement : 3840 x 2160 (4K UHD) : 30 ips
- Capteur : 1/2,3 pouces, 16 MP
- Viseur : Viseur électronique, OLED 2,36 millions de points
- Ports : USB, HDMI micro-connecteur (type D)
- Connectivité : Wi-Fi, Bluetooth 4.1
- Garantie : 1 an
