Test du Lumix G9 : l'hybride micro 4/3 pour photographes aventuriers

Le Lumix G9 – un hybride 20,3 Mpx au format micro 4/3.
Lorsque j'ai acheté mon premier reflex plein format il y a de nombreuses années (un Canon 5D original), je pensais avoir atteint le summum de la technologie photographique. Un capteur plus grand, c'est mieux, non ?
Pas nécessairement.
Les tailles de capteur sont comme les formats de pellicule : ce sont des formats différents, pas des qualités différentes. Chacun a ses avantages et inconvénients, et certains correspondront à vos besoins tandis que d'autres non.

Voler en petits avions est mon moyen d'accéder à mes lieux de prise de vue. Un système léger est vital.
Le Lumix G9 : l'hybride phare de Panasonic
Si les grands capteurs offrent des avantages indéniables, ils impliquent aussi des objectifs plus encombrants et plus lourds. Un capteur plus petit, comme le micro 4/3, reste compact et léger. C'est pourquoi, en tant que photographe professionnel d'extérieur spécialisé dans les zones reculées, j'ai récemment adopté le système Lumix micro 4/3. Plus précisément, mon boîtier principal est désormais le Lumix G9, le fleuron des hybrides Panasonic dédiés à la photo.
Qualité de fabrication

Le Lumix G9 vu de dessus.
Le Lumix G9 a des dimensions comparables aux autres hybrides professionnels. Pour moi, c'est la taille idéale. S'il était plus petit, les commandes deviendraient trop exiguës pour une utilisation rapide sur le terrain, et impossibles avec des gants. Le G9 représente, à mon avis, un excellent compromis entre compacité et fonctionnalité.
La construction est robuste avec un châssis en magnésium moulé sous pression et une étanchéité aux intempéries. Un revêtement en caoutchouc texturé recouvre la majeure partie du boîtier, assurant une prise en main sûre même par temps humide. Le boîtier pèse 658 g, dans la moyenne de cette catégorie. Je l'ai utilisé par des températures allant de -32 °C à +38 °C, dans la neige, la pluie et les embruns. Il a été balloté dans des avions de brousse, des véhicules de safari, des radeaux et des canoës, sans aucun souci de durabilité.

Avions de brousse. J'ai l'habitude d'y voler, mais je ne me lasse pas de les photographier. (De Havilland Otter reflété dans un lac d'Alaska).
Capteur
Le capteur micro 4/3 de 20,3 Mpx offre une excellente plage dynamique pour sa taille et un bruit extrêmement faible jusqu'à 1600 ISO environ. Au-delà, le bruit augmente sensiblement, ce qui pénalise la photo de nuit. Cependant, les fichiers supportent des poussées importantes en post-traitement. Ajouter deux, voire trois stops de lumière, a peu d'impact sur la qualité d'image.
Stabilisation

À main levée, au 1/15 s. Facile.
Panasonic annonce 6,5 stops de stabilisation intégrée au boîtier, un système qui fonctionne en synergie avec la stabilisation optique des objectifs. Ce chiffre impressionnant n'est pas du marketing : j'ai pu shooter à main levée, même avec un long téléobjectif, jusqu'à 1/8 s. Les effets de filé sur l'eau ne nécessitent plus de trépied, et la vidéo est fluide, quasi exempte de vibrations. C'est incontestablement le meilleur boîtier que j'ai utilisé en matière de stabilisation d'image.

Performances en photo
Cadence de prise de vue
Les hybrides ne sont pas limités par les contraintes mécaniques des reflex. L'obturateur électronique du G9 atteint 20 images/seconde, bien au-delà des besoins sauf dans les situations d'action les plus extrêmes. Même en mode rafale standard, il tient 9 im/s, compétitif face à n'importe quel appareil du marché.

À 20 im/s en rafale haute, ou 9 im/s en standard, le G9 gère aisément les sujets en mouvement.
Autofocus
L'autofocus est peut-être le point où le G9 accuse un léger retard sur les reflex haut de gamme. Panasonic utilise un système à détection de contraste couplé à la technologie DFD (Depth from Defocus). En bonne lumière avec peu d'obstacles, l'AF est d'une rapidité exceptionnelle avec un taux de réussite élevé. En revanche, dans les environnements complexes ou en basse lumière, il peine parfois à accrocher le sujet.

Le système DFD est un AF actif qui « pompe » légèrement la mise au point en avant-arrière pour déterminer le point net. C'est rapide, mais un peu distrayant et donne l'impression que l'appareil n'a pas verrouillé. Il l'a pourtant fait, les images sont nettes, mais ce va-et-vient constant dérange un peu.
Qualité d'image

Si la qualité globale est excellente, la photo de nuit reste le point faible du G9. Cette image à 3200 ISO a nécessité une forte réduction de bruit.
Dans la plupart des situations, les images de 20,3 Mpx sont excellentes. Les fichiers RAW offrent une plage dynamique compétitive autorisant de fortes récupérations d'exposition. En JPEG, l'appareil sort des fichiers colorés mais naturels, prêts pour les réseaux sociaux. J'aime tellement les JPEG que je configure l'appareil pour enregistrer à la fois des JPEG réduits et les RAW, pour partager rapidement sans post-traitement.

Contrairement à l'image précédente, ce cliché à 800 ISO est quasi exempt de bruit, malgré la faible lumière. La chute de qualité entre 1600 et 3200 ISO est marquée.

Les scènes à fort contraste sont gérées admirablement par le G9.
Mode Haute Résolution
L'une de mes fonctions favorites du G9 est le mode Haute Résolution. Le capteur de 20,3 Mpx suffit pour un usage général, mais comme photographe de paysage, je souhaite souvent des fichiers imprimables en très grand. Le mode HR prend 8 photos décalées d'un demi-pixel, produisant un fichier final de plus de 80 Mpx ! Un trépied est requis pour un résultat optimal, mais en paysage j'en utilise presque toujours un. La qualité finale est, franchement, époustouflante.

Cette image a été capturée en mode Haute Résolution sur le G9. Le fichier original fait 10368 x 7776 px.

L'image ci-dessus, rognée de près de la moitié, reste énorme par n'importe quel standard.
Fonctionnalités
Wi-Fi
La connectivité Wi-Fi, couplée à l'application intuitive de Panasonic pour smartphone ou tablette, permet un transfert rapide des fichiers pour partage depuis le terrain. L'application offre aussi un contrôle total à distance : une fois le cadrage fait, on ajuste exposition, ouverture, vitesse, ISO, et on déclenche jusqu'à 100 m.
Personnalisation

Avec la large gamme d'objectifs Lumix (et Olympus), il n'y a pas de pénurie d'options pour tous types de photo : faune, portraits, paysages.
Les experts apprécieront les options de personnalisation étendues du G9. On peut programmer plusieurs modes pré-réglés accessibles via la molette de fonction principale. Mais j'ai surtout adopté le sélecteur dédié sur la face avant, en bas à gauche, qui permet de basculer entre deux configurations de prise de vue. L'une pour mes réglages paysage standards, l'autre pour mes favoris faune. Un simple mouvement du doigt permet de passer de l'un à l'autre selon la situation. Astucieux.
Vidéo
Panasonic est historiquement associé à la vidéo, même plus qu'à la photo. Si le G9 a été conçu pour la photo, il hérite de nombreuses fonctions vidéo des autres Lumix. La 4K jusqu'à 60 im/s est possible, ce que peu d'hybrides photo permettent. Avec l'excellente stabilisation intégrée, la vidéo de qualité est un jeu d'enfant. Comme beaucoup de mes clients demandent désormais des clips vidéo en plus des photos, le G9 m'évite d'emporter une seconde caméra vidéo dédiée. Pour un photographe qui fait de la vidéo ou un vidéaste voulant des photos de qualité, le G9 est le compromis parfait.

Vue arrière : les commandes sont simples et accessibles.
Mais concrètement, ça donne quoi sur le terrain ?
Toutes les fiches techniques du monde ne disent pas ce que c'est vraiment d'utiliser l'appareil. Et là, je pense que Lumix a gagné la course. Les commandes sont intuitives, bien placées, l'ergonomie permet de retrouver les boutons au toucher sans chercher. Je suis passé de Canon à Lumix et je me suis senti à l'aise très vite. J'utilise aussi un Sony hybride, et passer de l'un à l'autre ne pose pas de problème.

Il neigeait fort et le vent soufflait glacial quand j'ai fait cette image dans l'Arctique occidental de l'Alaska. Le G9 a encaissé sans broncher.
C'est sur le terrain que j'apprécie vraiment le G9. Le format micro 4/3 signifie que non seulement le capteur est plus petit, mais les objectifs aussi. Tout est bien plus compact, même avec des optiques rapides et haut de gamme. Mon sac a considérablement maigri avec ce passage à Lumix. Si les hybrides plein format sont plus compacts que les reflex pros, leurs objectifs ne le sont pas, ce qui limite le gain de poids et d'encombrement. En micro 4/3, tout est plus petit.

Pour un photographe de wilderness, c'est un ÉNORME avantage. Je peux emporter un boîtier et plusieurs objectifs pour le poids et le volume d'un seul reflex avec un zoom standard. Je ne compte plus les fois où j'ai dû compter chaque once pour faire rentrer mon kit dans un avion de brousse. La taille compte pour un photographe de terrain, et en photo, plus c'est petit, mieux c'est.
Un mot sur les objectifs
Sans être un test des objectifs Lumix, je tiens à saluer le système Lumix-Leica. Les optiques sont compactes, légères et d'une netteté exceptionnelle. Les verres Leica sont impeccables, et si ce n'est pas bon marché, la piqué rivalise avec les meilleures optiques Nikon, Canon et Sony. Second point : les objectifs micro 4/3 sont compatibles entre marques, donc le matériel Olympus fonctionne parfaitement sur les boîtiers Lumix. (Mon téléobjectif actuel est l'Olympus 300 mm f/4 PRO, et il tourne impeccablement sur le G9).

Verdict final
Lumix est depuis longtemps la référence des vidéastes cherchant un système compact et qualitatif, tandis qu'Olympus dominait le micro 4/3 photo. Tout change avec le G9. J'attends quelques améliorations pour la prochaine génération, mais le G9 a déjà presque tout ce qu'un photographe sérieux peut vouloir : excellente qualité d'image, choix d'objectifs étendu, vidéo 4K, personnalisation poussée, commandes intuitives.
Le système Lumix a trouvé une place permanente dans mon sac photo.
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