Analyse approfondie des bagues d'extension Kenko DG Auto
Les bagues d'extension sont de petits accessoires photo qui permettent de créer des images de type macro sans objectif macro dédié. Vous envisagez la macro mais n'avez pas le budget pour un objectif dédié ? Les bagues d'extension pourraient être la solution.
Il existe de nombreuses marques et modèles de bagues d'extension. Celles qu'on va examiner ici viennent d'une entreprise japonaise appelée Kenko, qui produit certains des accessoires d'extension les plus populaires, la série DG Auto.

C'est quoi, des bagues d'extension ?
Une bague d'extension est essentiellement un entretoise creuse qui se verrouille entre un objectif et le boîtier. Elle modifie la distance de mise au point minimale (le point le plus proche où un sujet peut se trouver du capteur tout en restant net) en éloignant l'objectif du capteur.
On peut empiler plusieurs bagues pour un grossissement plus important. Plus la pile de bagues est épaisse, plus on peut approcher du sujet tout en conservant la mise au point.

Comparaison révélant les différentes capacités des bagues Kenko DG Auto. Prise avec un Canon 50mm f/1.8 II.
Pourquoi utiliser des bagues d'extension ?
Les bagues d'extension présentent de nombreux avantages par rapport à un objectif macro classique.
Généralement, elles sont bien moins chères qu'un objectif macro dédié, rendant la macro bien plus accessible.
Autre avantage : l'absence de verre supplémentaire entre l'objectif et le capteur. Pas besoin de s'inquiéter de la qualité d'un verre supplémentaire qui dégraderait l'image. L'absence de verre rend aussi les bagues très durables.
Enfin, les bagues d'extension sont légères et faciles à transporter. Si vous ne voulez pas trimballer des objectifs lourds, c'est une excellente option.

Quels sont les inconvénients des bagues d'extension ?
Les bagues d'extension conviennent aux objectifs de focales courtes ou moyennes et fonctionnent généralement mieux avec des focales fixes.
Allonger l'espace entre le capteur et la lentille frontale réduit la lumière atteignant le capteur. Cela nécessite un ajustement de la vitesse, de l'ISO ou de l'ouverture pour compenser. Mais comme l'ouverture contrôle la fine balance de profondeur de champ en macro, vos seules vraies options sont une pose plus longue, plus de bruit, ou une combinaison des deux.
De plus, comme les bagues augmentent le grossissement de l'objectif, elles amplifient aussi les défauts de conception de l'objectif.
En outre, les bagues d'extension obligent à retirer l'objectif du boîtier à chaque fois qu'on veut ajuster l'extension. Cela augmente le risque de poussière sur le capteur.
Bien que certaines bagues (comme les Kenko DG Auto) offrent la compatibilité autofocus, les résultats sont généralement mitigés. Passer en mise au point manuelle est votre meilleure option, et ce n'est pas entièrement négatif, mais cela peut vous ralentir sur le terrain.

Toute la macro n'a pas besoin d'être d'une netteté chirurgicale. Pour un effet plus doux, essayez de régler la mise au point juste devant votre sujet.
Comment performent les bagues d'extension Kenko DG Auto ?
Construction
Disponibles pour Canon, Sony et Nikon, les bagues Kenko DG Auto sont généralement vendues par lot de trois : une bague de 12mm, une de 20mm et une de 36mm. Elles peuvent s'utiliser individuellement ou empilées.

Chaque bague a un diamètre d'environ 62mm avec des repères d'alignement clairs indiquant où connecter la bague au boîtier et à l'objectif. Contrairement à certaines bagues en plastique bon marché, les Kenko DG Auto ont toutes des mécanismes de fixation en métal.

La bague Kenko DG Auto 36mm a une prise en main tout autour du tube.
Sur le terrain
Pour ma photo de près, j'associe mes bagues Kenko DG Auto à mon fidèle Canon 50mm f/1.8 II. Sans les complications et le poids d'un zoom, l'ensemble est simple et facile à monter. La grande ouverture maximale du 50mm aide aussi à compenser la perte de lumière due aux bagues d'extension.
Un point de vigilance avec les Kenko DG Auto : je m'assure que chaque bague est fermement encliquetée. Je n'ai pas eu d'accident (heureusement), mais les fixations peuvent être un peu molles parfois. Le nombre potentiel de changements de bagues pendant une séance augmente le risque de mauvais alignement, alors assurez-vous de bien verrouiller chaque composant.

Une mouche bouteille belle et patiente. Cette image a requis mes bagues 12mm, 20mm et 36mm empilées.
Les Kenko DG Auto sont conçues avec tous les circuits et couplages mécaniques pour maintenir l'autofocus et l'auto-exposition TTL (s'il y a assez de lumière). Cependant, comme mentionné, l'autofocus peut encore être capricieux. De plus, en gros plan extrême, la zone de netteté est si mince que tout contrôle supplémentaire sur la mise au point est crucial. Je passe encore en manuel 90% du temps pour ce degré de contrôle.
Comme pour toute photo de près, j'utilise un trépied dans beaucoup de cas pour réduire le bougé. En plus, à cause de la réduction de lumière atteignant le capteur, je dois souvent compenser par une pose plus longue – ce qui rend le trépied précieux.
Prix
Le set Kenko DG Auto est nettement moins cher que les offres de Canon. Alors qu'une bague Canon EF 25 II coûte environ 150 $ US sur Amazon, le set Kenko DG Auto (12mm, 20mm, 36mm) est à un peu plus de 100 $ US. Comme les bagues ne contiennent pas de verre, il n'y a pas de différence optique et la construction est très similaire. La plus grande différence en ligne entre les deux marques porte sur les leviers de déverrouillage. Celui de Canon serait plus fluide que ceux des Kenko.

Tête de fleur photographiée avec une bague Kenko DG Auto 36mm
Conclusion
Les bagues d'extension ont rendu la macro bien plus accessible. Si vous êtes intéressé par la macro, investir dans le set Kenko peut valoir le coup. Pour leur prix et leur utilité, les bagues Kenko DG Auto sont un incontournable de mon kit photo.

