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Test du Nikon Z7 : L'hybride plein format 45,7 Mpx qui relève la barre

Nous avons acheté le Nikon Z7 pour le tester et l'évaluer en profondeur. Lisez la suite pour notre avis complet.

La dernière décennie a été mouvementée en photo : les géants reflex Nikon et Canon ont été bousculés par l'essor fulgurant des hybrides. Ajoutez la montée en puissance spectaculaire de la photo smartphone, et vous obtenez le paysage actuel, difficile pour qui n'innove pas.

Nikon a pris son temps avant de débouler dans l'arène hybride, mais le jour est venu. Le Nikon Z7, et son petit frère plus abordable le Z6, tracent une voie claire et un point de départ largement sans compromis pour Nikon dans ce segment.

Le Z7 est un hybride extrêmement abouti qui sort de superbes photos plein format 45,7 Mpx. Il offre l'une des meilleures rendus colorimétriques qu'on ait vus sur un hybride. Sans parler des nouvelles optiques natives développées pour la monture Z, qui n'ont rien à envier aux meilleures optiques modernes testées.

Cela dit, nous avons encore des réserves et questions sur la maturité de cette plateforme qui pourraient freiner quelques acheteurs, mais nous exposerons tous les faits pour que vous décidiez.

Design : Construction solide et réfléchie

Nikon tire parti du gain de place inhérent aux hybrides sur le Z7, mais parvient à le faire sentir comme un vrai appareil pro. Certains photographes reflex regrettent la perte de substance en passant à l'hybride, et nous pensons que ce sera moins un problème pour la plupart qui prendront le Z7 en main. Associé à une qualité de fabrication très solide, ça sent définitivement l'appareil à la hauteur de son prix.

Nikon y parvient en partie via une poignée légèrement plus large que la moyenne, du moins comparé à beaucoup d'hybrides de sa classe. Le corps mesure 13,5 x 10,2 x 6,8 cm (HxLxP), plus petit que le D850 (14,6 x 12,4 x 7,9 cm), mais pas outrageusement. Nikon ne semble pas avoir obsessionné sur la taille, mais sur les détails qui comptent pour leur public.

Sur le boîtier, face avant : deux boutons Fn juste à gauche de la monture, accessibles index sur déclencheur, majeur/annulaire sur les boutons. Par défaut : balance des blancs et mode zone AF, personnalisables dans les menus. Aussi sur la face avant, en haut de la poignée : sous-commande contrôlant vitesse ou ouverture selon le mode.

Le Z7 est un hybride extrêmement abouti qui sort de superbes photos plein format 45,7 Mpx.

Dessus : molette de mode avec verrou, bouton vidéo, interrupteur d'alimentation, déclencheur, ISO, boutons exposition, commande principale. À noter : l'écran de contrôle affichant vitesse, ouverture, photos restantes, ISO, mode rafale, indicateur batterie. Pas sur tous les hybrides, donc bienvenue. Le déclencheur demande un peu d'habitude : très peu de différence tactile entre demi-pression et pression complète.

Arrière : lecture, corbeille, affichage, AF-ON, Info, OK, menu, zoom, mode rafale, sous-sélecteur, multi-sélecteur directionnel, commutateur photo/vidéo. L'écran LCD 3,2" pivote vers l'extérieur. Aussi au dos/côté : slot XQD derrière une porte à ressort presque comiquement grande. Cette partie du corps a une protubérance ergonomique donnant au pouce un repos naturel et une prise supplémentaire à une main.

Mise en route : Quelques étapes en plus

Configurer le Z7 lui-même est très direct. Chargeur externe fourni pour la batterie incluse, ou charge directe via port USB-C et chargeur mural USB-C fourni. Allumer, passer les invites date/heure/localisation, et vous êtes à peu près prêt à shooter.

La raison pour laquelle ce n'est pas "dead simple" : d'une part, le Z7 utilise une nouvelle monture créée spécifiquement pour cette gamme hybride. Il faut choisir entre la gamme native (limitée mais croissante) ou un adaptateur, comme la bague FTZ. Cet adaptateur marche parfaitement avec les objectifs F-mount Nikon, DX et FX, mais ajoute un volume considérable. OK pour studio, mais potentiellement gênant pour le terrain. Au-delà du pratique, il y a quelque chose de mélancolique à quitter une monture existante depuis 1959.

Le Z7 utilise une nouvelle monture qu'il vient de créer pour cette gamme d'hybrides.

Autre point qui peut ralentir : le choix du format XQD au lieu du SD universel. XQD est plus grand, prix plancher bien plus élevé, et bien plus rapide que les cartes SD (peut-être plus pour longtemps). On n'aime pas ce choix pour plusieurs raisons. La première : SD est un choix bien plus démocratique. On trouve des cartes SD à toutes vitesses et tous budgets. Mais surtout, le Z7 n'exploite pas vraiment les 440 Mo/s lecture et 400 Mo/s écriture des XQD actuelles.

Le format XQD a été inventé par Sony pour les caméscopes vidéo nouvelle génération, dont résolutions hautes et longues durées exploitent de telles capacités. Pour situer : même le format MINI-MAG absurdement cher de RED (fabricant vidéo haut de gamme) n'égale pas les perfs lecture/écriture d'une carte XQD, et ils les ont conçues pour enregistrer des fichiers 8K obscènement gros à hauts framerates.

Il y a des avantages quand même : pouvoir shooter à 4 ips (vs 9 ips max) même quand le buffer est plein.

Qualité photo : Une superbe première tentative

Le Z7 sort des photos exceptionnelles, avec l'une des plus belles colorimétries qu'on ait vues, hybride ou pas. Testé principalement avec le Nikon NIKKOR Z 50mm f/1.8 S à ~600 $, l'un des cinq dispo à l'époque. Le plus abordable du lot, mais cet objectif 12 éléments, diaphragme 9 lames, envoie du lourd. Images très nettes, de quoi donner du fil à retordre à des équivalents plus chers d'autres marques.

Le Z7 ne faiblit pas sur la capture de détail ni la performance ISO, offrant au moins les perfs du déjà impressionnant D850. Le Z7 est peut-être un cheveu derrière son rival du moment, le Sony A7R III, en détail et ISO, mais le rendu colorimétrique nettement meilleur donne des photos que la plupart trouveront plus flatteuses. Couplé au généreux capteur 45,7 Mpx, vous avez beaucoup de matière à travailler.

La couleur, c'est là que le Z7 brille, et c'est l'une des raisons principales d'acheter cet appareil. Nikon a une longue histoire de gestion de la couleur, et le Z7 ne fait pas exception. C'est particulièrement flagrant sur les tons chair — domaine où c'est frustrant quand l'appareil faiblit.

La couleur, c'est là que le Nikon Z7 brille, et c'est l'une des raisons principales d'acheter cet appareil, selon nous.

Capturer un peu trop de vert ou rose sur la peau peut sembler subtil, mais les gens le perçoivent bien même sans identifier consciemment ce qui cloche. La couleur est aussi difficile à vanter, car pas de métriques rapides comme les mégapixels pour impressionner les acheteurs.

Un des rares domaines où on ne peut pas chanter les louanges du Z7 : la performance autofocus. Même en conditions idéales, le Z7 traîne derrière la concurrence, peinent à accrocher le focus dans pas mal de scénarios bien éclairés raisonnables. Cette faiblesse était criante en basse lumière, où on a vu la caméra pomper sans jamais vraiment verrouiller à plusieurs reprises. Résultat : beaucoup de mise au point manuelle dans des situations où on ne veut pas en faire, décevant pour un appareil premium en 2018.

Qualité vidéo : Rien à voir ici les amis

Le Z7 filme en 4K 30/25/24 ips, et 1080p 60/30/25/24 ips. En interne : 8 bits, mais via HDMI sortie 10 bits Log possible. Micros et casques présents. Nikon a développé une stabilisation capteur (IBIS) qui aide bien pour le main levée statique.

Il n'y a pas de fonctionnalités qui feront changer de plateforme les acheteurs vidéo, mais au moins les photographes pourront capter de belles images si l'occasion se présente.

Que signifie tout ça ? Que Nikon a fait un gros travail pour rattraper le reste du champ en vidéo, domaine où le constructeur était absent. On ne mettra aucune de ces fonctionnalités en "classe leader" — tout ça devrait être le minimum syndical pour un hybride sorti aujourd'hui. Aucune feature ne fera switcher les vidéastes purs, mais ça veut dire que les photographes qui font de la vidéo occasionnelle pourront sortir de beaux rushs si besoin.

Un tour de force Nikon a été une surprise délicieuse : la performance AF continu en vidéo. Le Z7 fait un travail assez admirable pour garder les sujets mobiles au focus, pourvu qu'on sélectionne le sujet au préalable (tapoter l'écran). C'est un domaine où la plupart des appareils sont notoirement mauvais, et c'est particulièrement bénéfique pour les vidéastes non-pros.

Logiciel : Assez complet

Nikon offre une richesse d'options de connectivité pour décharger photos, piloter l'appareil via smartphone, etc. Sur smartphone, l'appli à connaître est SnapBridge. Pas la plus élégante qu'on ait utilisée, mais encore l'une des meilleures des constructeurs grâce à la richesse des options de pairinge et transfert.

En pilotage distant via l'appli : contrôle mode prise de vue, vitesse, ouverture, ISO, compensation expo, balance des blancs. Aperçu direct sur l'écran du téléphone, et on peut tapoter le sujet pour sélectionner/ajuster le focus. Transfert via Bluetooth Low Energy et Wi-Fi. Via Bluetooth : transfert auto de versions 2 Mo des photos à la prise de vue. Via Wi-Fi : transfert jusqu'à 25 Mo.

Il y a un tour de force Nikon qui a été une surprise délicieuse : la performance AF continu en vidéo.

Sur ordi : suite de trois applis aux fonctions différentes mais utiles. Heureux d'avoir les fonctions, mais elles pourraient être fusionnées en une seule pour éviter le casse-tête. Première : ViewNX-i, pour naviguer, chercher, transférer images vers l'ordi. Deuxième : Nikon Transfer 2, aussi pour transférer images vers l'ordi (redondant). ViewNX-i permet aussi de créer des films via Movie Editor, ajuster balance des blancs/exposition, convertir formats.

Troisième : Picture Control Utility 2, pour créer profils d'image personnalisés, les nommer, les sauvegarder pour la prise de vue. Par défaut, cet appareil et d'autres ont des profils "Standard", "Neutre", "Vif", et souvent profils custom supplémentaires contrôlables. C'est juste un cran plus loin.

Prix : Un peu salé

À 3000 $, le Z7 coûte cher, et c'est une grosse somme pour un boîtier nu. Ce n'est pas un prix déraisonnable pour le feature set et le positionnement actuel, mais on ne va pas faire semblant que c'est une petite somme.

Cela dit, quelques points auraient dû être réglés à ce prix, et en tête : la performance AF. Cette lacune est d'autant plus frustrante que Nikon a souvent été best-in-class en AF. Pas disqualifiant immédiat, mais ça complique l'achat.

L'autre raison pour laquelle le prix semble haut : l'écosystème d'objectifs Z Nikon est tout neuf, et l'offre native n'est pas encore riche. S'il y avait une gamme native plus mature, ce serait plus facile de s'engager sur la plateforme, sachant qu'on pourra couvrir tous les scénarios de prise de vue.

Nikon Z7 vs Nikon D850

Les propriétaires de D850 seront soit agréablement surpris, soit un peu déçus que le Z7 offre des perfs très proches de son cousin reflex. Déçus car ce n'est pas nécessairement une mise à niveau claire, mais surpris agréablement que Nikon ait réussi un si solide hybride du premier coup, et si comparable à une offre déjà très mature.

Le Z7 est définitivement plus petit et plus moderne, mais n'égale pas l'AF du D850. Dans les deux cas, ce n'est pas le choix le plus simple pour les acheteurs.

Verdict final

Une marée montante dans la photo hybride.

En définitive, le Nikon Z7 est un fantastique appareil qui sort de superbes photos, et à bien des égards établit un nouveau standard pour le genre hybride dans son ensemble. On est impressionnés que Nikon ait réussi tant de choses du premier coup, et au-delà d'être un excellent produit en soi, il devrait forcer les autres constructeurs à être plus compétitifs.

Fiche technique

  • Nom du produit : Z7
  • Marque : Nikon
  • UPC : B07KXC1JYT
  • Prix : 3399,95 $
  • Date de sortie : Septembre 2018
  • Dimensions : 13,5 x 10,2 x 6,8 cm (5,3 x 4 x 2,7 pouces)
  • Garantie : 1 an limitée
  • Compatibilité : Windows, macOS
  • Résolution photo max : 45,7 Mpx
  • Résolution vidéo : 3840x2160 / 30 ips
  • Connectivité : USB, Wi-Fi, Bluetooth
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