Quel impact le premier Polaroid a-t-il eu sur l'Amérique ?
La légende raconte que la fille du physicien américain Edwin Land lui a demandé : « Pourquoi on ne peut pas la voir tout de suite ? » après qu'il a pris une photo. Land travaillait déjà sur un matériau polarisant artificiel, jugé impossible, et en 1948, le Polaroid Model 95 fit ses débuts.
Nouveauté
L'idée d'une photo disponible minutes après la prise a conquis le grand public. Le premier modèle, nommé d'après son prix suggéré de 95 $, fut testé en Floride : rupture de stock rapide, magasins prenant des acomptes supérieurs au prix pour réserver des stocks mois avant la sortie, malgré le prix équivalent à 860 $ de 2010.
Luxe
Les systèmes Polaroid n'étaient pas accessibles à tous. Appareils et films chers, combinés à la nouveauté, donnaient à la possession d'un Polaroid un cachet, comparable au buzz des lancements Apple. Dans l'Amérique d'après-guerre, la course aux gadgets décolla dans la prospérité des années 50-60, et l'évolution de la technologie instantanée (couleur en 1963) créa une obsolescence programmée inhérente.
Utilité
Au-delà de la nouveauté et du prix, le Polaroid eut des applications pratiques bien au-delà du petit anniversaire de Johnny. Recherche, médecine, police trouvèrent des usages. Jusqu'au numérique, les photos instantanées de scènes de crime étaient standard et faisaient partie de la chaîne de preuves, aux côtés des photos conventionnelles. Photographes : vérification éclairages. Experts d'assurance : Polaroid toujours à portée pour constats.
Gratification instantanée
La mentalité « fast food » d'une nation nouvellement mobile, bâtie sur l'industrie nationale, l'auto, les drive-ins et la prospérité, collait parfaitement à l'idée de photo instantanée. Polaroid fabriqué aux USA, technologie US de pointe. Autant qu'une voiture neuve ou une maison en banlieue, posséder un Polaroid était un tampon de statut, élément clé de la psychologie du consommateur au 20e siècle.
