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Radar analogique vs numérique : traitement signal, capacités et évolution

La différence fondamentale réside dans le **domaine du signal** : le radar analogique traite les formes d'onde RF continues en matériel analogique ; le radar numérique numérise le signal reçu immédiatement et effectue tout le traitement en DSP/FPGA/Logiciel.

Radar analogique (Hérité / « Conventionnel »)

Chaîne de signal

 Antenne → LNA → Mélangeur (OL) → Amplificateur FI → Banc filtres analogiques → Détecteur enveloppe / Détecteur phase → CRT / Driver affichage analogique 
  • Traitement : Filtres matériel (cavité, SAW, LC), corrélateurs analogiques, CFAR (Constant False Alarm Rate) via comparateurs tension.
  • Affichage : PPI (Plan Position Indicator) sur tube cathodique — « écho » peint par faisceau d'électrons synchronisé rotation antenne. Pas de stockage numérique.
  • Limites :
    • Formes d'onde fixes (impulsion simple, peut-être chirp FM).
    • Pas de compression d'impulsion (résolution portée = largeur impulsion).
    • Rejet clutter : MTI (Moving Target Indicator) simple via ligne à retard acoustique (cancelleur ligne à retard analogique ou COHO). Vitesses aveugles inévitables.
    • Pas de traitement Doppler au-delà MTI.
    • Dérive calibration (temp, vieillissement). Alignement manuel requis.
  • Exemples : AN/MPS-14 (télémètre hauteur), ASR-8 (surveillance aéroport), radars marins (pré-1990s), météo WSR-57 précoce.

Radar numérique (Standard moderne)

Chaîne de signal

 Antenne → LNA → Mélangeur → CAN (Échantillonnage direct RF ou échantillonnage FI) → FPGA/ASIC/DSP → Formage faisceau numérique / Compression impulsion / FFT Doppler / CFAR / Pursuite / Classification → Affichage numérique / Sortie réseau 
  • Activateur clé : CAN haute vitesse (12-16 bits, 100 MHz – 10 GS/s) + débit DSP massif.
  • Capacités débloquées :
    • Compression d'impulsion : Impulsions longues codées (Barker, Frank, Polyphase, LFM) → Haute énergie + Haute résolution portée (ΔR = c/2B).
    • Formage faisceau numérique (DBF) : Canaux réception multiples → faisceaux multiples simultanés, annulation adaptative (suppression brouillage), super-résolution (MUSIC, ESPRIT).
    • Traitement Doppler/FFT : Intégration cohérente sur 100s d'impulsions → micro-Doppler classification (pales hélico, propulseurs drone, démarche humaine).
    • CFAR adaptatif : Moyennage cellules, OS-CFAR, CAGO-CFAR — statistiques par cellule portée.
    • Imagerie SAR / ISAR : Traitement historique phase → images sol/cibles résolution mètre/sous-mètre.
    • Radar cognitif / Logiciel-défini : Agilité forme d'onde (change PRF, bande passante, codage par impulsion) selon scène.
    • Fusion données / Réseau : Sortie numérique native (ASTERIX, UDP) → réseaux capteurs, fusion pistes.
  • Affichage : Balayage raster LCD/LED, PPI synthétique, B-scope, secteur scan, tableaux pistes, superposition SIG.

Matrice comparative

ParamètreRadar AnalogiqueRadar Numérique
Résolution portéeLimitée largeur impulsion (ex. 1 μs = 150 m)c/2B (ex. 10 MHz BL = 15 m ; 500 MHz = 0,3 m)
Résolution vitesseVitesses aveugles (MTI)λ/2Tcoh (arbitrairement fine)
Rejet clutterCancelleur 2-3 impulsions (limité)STAP, KA-CFAR, Knowledge-aided (gain 40+ dB)
Identification cibleAucune (écho seulement)HRRP, JEM, Micro-Doppler, ATR
ECCM / Anti-brouillageMinimal (saut fréquence manuel)Annulation adaptative, diversité forme d'onde, LPI
Fiabilité (MTBF)Élevée (matériel simple)Élevée (état solide, BIST, dégradation gracieuse)
Coût (Système)Moins élevé (hérité)Plus élevé (CAN, FPGA, dév logiciel)
Taille/Poids/PuissanceGrand, lourd, forte puissance (tube TX)Compact, TX GaN/SiC, cycle service réduit

Chronologie transition

  • Années 1970 : Premier MTI numérique (prototype AN/FPS-117).
  • Années 1980 : Processeurs signal numériques en ATC (ARSR-4, ASR-9).
  • Années 1990 : Compression impulsion standard (météo NEXRAD WSR-88D).
  • Années 2000 : AESA (Active Electronically Scanned Array) — pleinement numérique par élément (APG-77, SPY-1, RBE2).
  • Années 2010+ : Radar cognitif, MIMO radar, IA/ML en edge, échantillonnage direct RF (pas mélangeur).

État actuel

Tous les nouveaux radars militaires, aéronautiques, météo et automobiles sont numériques. Le radar analogique n'existe plus que en maintien hérité, marine/navigation bas coût, et laboratoires enseignement. Le terme « radar analogique » est effectivement historique.

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