Test terrain du Sony RX100 V : Le compact expert ultime ?
La série RX100 de Sony a toujours condensé des performances de haut vol dans des boîtiers compacts et robustes. Ce cinquième opus (RX100 V / DSC-RX100M5) poursuit sur cette lancée avec une fiche technique taillée pour le photographe moderne.

À qui s'adresse le RX100 V ?
À mes yeux, c'est le compagnon idéal pour : voyages en famille, photo de rue, second boîtier paysage quand le reflex est monopolisé sur trépied. Le zoom équivalent 24-70 mm couvre l'essentiel ; le 24 mm sert paysages, photos de groupe, selfies occasionnels.
Je l'ai acheté pour sa cadence vidéo élevée, mais j'ai adoré sa 4K de qualité dans ce format. Jusqu'à 1 000 i/s en ralenti : bluffant pour si petit. Le capteur 20 Mpx offre une marge de recadrage confortable.
Les paysagistes y trouveront une liberté de composition pendant que le reflex est bloqué. Les photographes de rue aimeront sa discrétion et son écran orientable. Moins pertinent pour le portrait, malgré une ouverture f/1.8-f/2.8 intéressante.
Petit boîtier, gros chiffres
Fiche technique clé (site Sony) :
- Capteur 1" 20,1 Mpx
- Zoom optique 2,9x (équiv. 24-70 mm)
- Zoom numérique 11-44x
- Écran 3" 1,2 Mpx 100% couverture
- Stabilisation Active Optical SteadyShot
- 4 modes AF dont manuel
- AF hybride 315 pts détection de phase + 25 pts contraste
- Compensation d'exposition ±3 IL par 1/3 IL
- ISO 80-25 600 (photo) / 125-12 800 (vidéo)
- Vitesse 30 s - 1/2000 s (pose B dispo)
- HDR auto, filtre ND intégré
- Bracketing exposition & balance blancs
- 101,6 x 58,1 x 41,0 mm | 299 g
- Modes créatifs, styles d'image, profils vidéo
- Prix US : 999 $
Commandes et ergonomie
Mitigé. Peu de commandes directes, mais les bases (ISO, compensation, zoom) sont accessibles. Après un an, la molette de mode principale accroche un peu, moins fluide qu'au déballage.

Le bouton vidéo sous le pouce est un bonheur : plus simple qu'un smartphone. Index pour photo, pouce pour vidéo.
Menus Sony classiques : nombreux, organisés en arborescence verticale. Un peu fastidieux, mais inévitable vu la densité de fonctions.
Flash pop-up à déverrouillage manuel, un peu exposé aux chocs une fois déployé.
Écran orientable
Atout majeur. Basculable haut/bas (et positions intermédiaires), il sauve le dos pour les plans bas et aide au cadrage. Pas tactile (dommage), ni rotatif latéral/frontal comme certains concurrents. Pour les selfies, on le retourne vers le haut : l'image s'inverse automatiquement.

Bague de mise au point / ouverture
Un clin d'œil bienvenu aux habitués des bagues d'ouverture argentiques. Autour de l'objectif, elle tombe naturellement sous les doigts, plus fluide que les bagues d'antan.

Utile pour l'affinage de la mise au point en macro ou vidéo. Permet des transitions de netteté (rack focus) plus douces qu'aux boutons. Je m'en sers souvent.
Performances ISO
DxOMark : 70/100, dans la moyenne de sa catégorie. Confortable jusqu'à 1 600 ISO sans bruit gênant ; au-delà, la dégradation se voit. L'ISO 80 étendu ravira les paysagistes : une douceur superbe, même si ce n'est pas un « vrai » ISO 80 normé.


À l'opposé, 6 400 ISO montre un bruit important mais récupérable en post-traitement. Exemples sans réduction de bruit :

Viseur électronique
Son utilité m'échappe : un petit écran dans un oeilleton, c'est contre-intuitif. Déploiement manuel via un levier latéral + tirage de l'oculaire. Maladroit : j'ai déjà arraché l'oculaire entièrement.


Dioptre intégré, mais remise en place manuelle. Suranné.
Vitesse et précision de l'AF
L'AF hybride phase/contraste (315 pts) ravira les parents : pas niveau reflex pro, mais suit aisément les enfants. Pour les autres ?

Le 70 mm équivalent n'en fait pas un outil sport, mais la réactivité et le suivi (lock-on) bluffent au quotidien. Accroche rapide, suivi précis (testé sur montres de poche enflammées).
Bémol : en mode « Spot flexible », il faut déplacer le collimateur à la croix directionnelle (pouce), lent. Inutilisable pour du sujet rapide.

Note sur la mise au point manuelle : L'assistance zoom est excellente pour la macro et la vérification précise.
Rafale haute vitesse
Jusqu'à 24 im/s avec AF, en JPEG ou RAW. Impressionnant, supérieur à la plupart des reflex. La latence d'écriture sur carte est perceptible mais le buffer encaisse.


Idéal pour l'action rapprochée (limite 70 mm). En caisson sous-marin, parfait pour tortues/poissons vifs. Attention : 30 min à 24 im/s = 1 000+ images à trier.
Flash intégré
Moyen. Nombre guide 1,3-10 m (auto). Suffisant à ~3 m réel. Pas de griffe pour flash externe. On n'achète pas ce boîtier pour son flash.

Vidéo haute vitesse (ralenti)
Le point fort du RX100 V. Jusqu'à 1 000 i/s (960 en NTSC) en 1080p max (pas de 4K à ce régime, ça coûterait 50 000 $). Clips max 2 s → 80 s rendu à 24 i/s.
Utilisation simple : pré-enregistrement (buffer) ou post-enregistrement. Exemple : hourglass enflammés pour clip « Overtime » d'Andy Suzuki. J'ai bufferisé librement, stoppé après le passage dans la flamme. Résultat probant.
Vidéo 4K
Toute 4K ne se vaut pas. Comparé aux attentes d'un hybride photo/vidéo (pas une caméra 5 000 $), le RX100 V surprend : qualité entre grand public et semi-pro, audio correct. Bien au-dessus de mon matériel Canon (pas de 4K sur des boîtiers 5x plus chers).
SteadyShot : à prendre avec des pincettes. La petitesse du boîtier rend le 4K main levée instable malgré la stabilisation.
Mode Panorama
Découvert en enseignant. Comme sur smartphone : balayage ~180°, assemblage auto. Efficace... quand ça marche.




Au Grand Canyon, après 5 mois sans l'utiliser, 5 essais avant réussite. Messages d'erreur vagues (« bougez plus vite/lentement »). Frustrant, gâche le moment. Conseil : entraînez-vous avant d'en avoir besoin.
Applications (PlayMemories)
Concept sympa au début. Puis déception : payant pour des fonctions basiques (time-lapse). Accès fastidieux via les menus profonds.

L'app time-lapse est utile avec préréglages (lever/coucher soleil, nuages). Mais l'accès reste pénible.

Connectivité
Wi-Fi + app PlayMemories Mobile. Transfert vers smartphone une fois configuré (mais enfoui dans les menus).


Au bout d'un an, j'ai supprimé l'app. Transfert carte SD vers portable aussi simple, et le zoom du téléphone suffit pour une consultation mobile. Les 20 Mpx sont « gaspillés » pour cet usage.
Sur le terrain
Rappel du Canon G1 (2001) : lenteur au démarrage. Le RX100 V met 2-3 s réels pour être opérationnel. Il faut l'anticiper sous peine de rater l'instant.
Poids parfait en main, sensation solide. Inquiétude sur la fragilité flash/viseur.
Pas vraiment « poche de jean » (sauf coupe large), mais confortable en main en ville, parfait en poche de veste ou sacoche.

Ce qui pourrait être amélioré
- Écran tactile : attendu sur ce format, aide pour la mise au point et l'exposition.
- Autonomie : 220 vues / 110 min vidéo (annonce Sony). Vol LA-Seattle (2h) : 3 batteries pour vidéo 4K hublot + 40 photos. Décevant.
- Touches personnalisables : pour accéder direct aux fonctions (time-lapse etc.) sans plonger dans les menus/apps.
- Chargeur externe : charge uniquement en boîtier via micro-USB. Un chargeur dédié serait bienvenu vu la consommation vidéo.
Deux accessoires indispensables

1. Étui Lowepro Tahoe 25 II : taillé pour le RX100, poche zippée pour cartes, passant ceinture. Idéal rando (testé tentative Mt Whitney).
2. Caisson Ikelite Action : version accessible (~300 $) couvrant mes besoins photo/vidéo sous-marins. La version full-control est bien plus chère.

Conclusion
Le Sony RX100 V est un excellent compact expert. Bourré de fonctions, extensible par apps, 4K de qualité, ralenti ludique.
Parfait pour les voyages famille (j'avais loué le RX100 IV pour l'Europe, déjà conquis). Rentrent en selfie groupe sans casser l'épaule. Poche veste/sacoche : toujours là quand le téléphone ne suffit plus.
Plage dynamique ~12 IL + bracketing utilisateur : presque aucune scène infaisable.
Dernier point : ce boîtier me convertit doucement à Sony.
Photos d'exemple













Testeur : Peter West Carey | Date : 11 juin 2018 | Note : 4,5/5
